Le 13/6/1460 Louis CHAPPUIS et Jean MISTRAL en leur nom et en celui de leurs épouses ... proposaient que, l'an ... 1453, les syndics de la communauté de Valence louent une certaine maison d'honnête femme Brunissel veuve de Jean GUILLARD ... pour tenir en cet endroit même l'étude de l'Université nouvellement établie à Valence.[2]
Premier mercator de Tournon, gros marchand de fer et de grain, fort importateur et grand entrepreneur de matières et de denrées diverses. Il déclare en 1464 un possessoire de 274 livres et un cabal de 1154 livres soit au total 1469 livres que le reviseur du baillage porte d’abord à 8000 livres puis à 10000 livres. Il se livre en 1475 au commerce du sel entre Pont Saint Esprit et Tournon (Ce sel entreposé au Pont-Saint-Esprit provenait des salins de Peccays, sur la commune d'Aigues-Mortes). Sa maison située dans la rue du Bourg, à Tournon, est estimée par lui 100 livres. Il possède quatre autres maisons dont une dans la grande rue, 32 fessoinnées de vigne, 1 pré, 3 jardins, la moitié d’un moulin sur le Rhône près d’Andance. En magasin il a du fer, du chanvre, du blé, du froment, du seigle, de l’avoine, 6 tasses d’argent, un lot de cuillères en argent. Il s’est constitué sur le territoire de Tournon des rentes foncières en argent et en nature : 4 saumées et 1 barral de vin, 11 quartes de froment, 5 florins d’or, soit au total 110 livres de pension. Il fut conseiller de Tournon en 1460, fermier du double dixième sur le vin. A Jean Mistral devait être apparenté ce Bernardin Mistral, marchand de Tain qui de 1494 à 1499 travaillera par toutes sortes de manœuvres à se faire adjuger la recette du pays de Vivarais. Le 21/1/1465 Jean Mistral est cité comme premier témoin parmi les marchands de Tournon au mariage de Jacques II de Tournon et de Jeanne de Polignac [4]. Jean MISTRAL et ses associés marchands de Tain, bénéficient en 1461 de lettres royaux de Charles VIII à la suite de leur plainte au sujet des exigences du fisc pour la navigation de leurs marchandises sur le fleuve [5]. Pierre Albertas, trésorier d’Avignon en 1457, consul d’Avignon en 1471-1472 est associé pour le commerce du sel sur le Rhône avec Jean Mistral, de Tain, et Pellegrin de la Martinière, de Pont Saint-Esprit ; il est condamné par arrêt du 15/2/1474 du parlement de Grenoble à payer une grosse somme à ces derniers [6]. Dans le rôle des tailles de Tain pour l’équipement des balistiers ou francs archers de Tain, les côtés sont : Antoine de Brion pour 11 deniers, Dufour pour 3 deniers, Jean Mistral pour 2 deniers, Seguin pour 8 deniers etc…au total 3 florins 1 gros pour 1472 [7]. Mistral est cité dans le rôle des tailles de Tain de 1475 à 1577 [8].
Le roi de France et le comte de Provence créent en 1448 un monopole du transport du sel remontant le Rhône et en confient la gestion à un fermier général ou une compagnie qui leur garantit pour une durée de dix ans le paiement par échéances trimestrielles d'une redevance fixe; le premier fermier du tirage de l'Empire est Robert Damiani, archevêque d'Aix de 147 à 1460 qui s'engagea pour une redevance fixe annuelle de 96 000 florins (76 000 livres tournois) pour 1600 gros de muids. [9] Le bail suivant fut conclu en 1457 par une compagnie de 19 marchands, dont 2 de Beaucaire, 4 d'Avignon, 4 de Pont-Saint-Esprit, 4 de Valence, 2 de Tournon, 1 de Condrieu, 2 de Lyon. [10] . En 1458 également la ferme du tirage du sel du Royaume est attribuée à une compagnie formée au moins par Jacques Coeur et les frères Villars.[11] Jérôme Chappuis, de Condrieu était fermier pour la part du Royaume et son frère Thomas pour la part d'Empire; parmi les lyonnais on trouvait les frères Jean et Pierre de Villars ainsi que Jean du Prat.[12] Je pense que l'on peut deviner parmi les marchands de Tournon Jean Mistral, Jean Pellegrin, Piolenc parmi ceux de Pont Saint Esprit, Pierre d'Albertas, Spifame parmi ceux d'Avignon, François de Genas, Francis Mayaud, Noir parmi ceux de Valence.
Cité dans BRUN-DURAND, Dictionnaire historique de la Drôme p.149
Cité dans René GANDILLON, Politique économique de Louis XI p.303
Jean MISTRAL, de Tournon, cité dans les Annales du Midi 1889 p.32
Quoique qu’il n’y ait pas de documents le certifiant Jean (II) est de toute évidence l’ancêtre, et probablement le père tant de François Mistral marchand de Tain et auteur de la branche des Mistral de Montmirail, que de Bernardin Mistral financier originaire de Tournon auteur de la branche des Mistral de Mondragon et que de Nicolas. Le prénom de Bernardin, son fils et de Dominique son arrière-petit-fils font penser à la famille de de Rhodes : un Jean Chimenes de Roedes, marchand aragonais est enterré le 6/9/1501 en léglise Saint-Geniès d'Avignon : Bernardin est un prénom porté par un de ses fils et deux de ses petit-fils.
[1] BRECHON, Routes du Vivarais, fons privé, chartier de Solignac, registre de Me Floreti, non coté, f°36
[2] Histoire de l'Université de Valence
[3] Archives du Gard, EE
[4] Jean REGNE, Histoire du Vivarais.
[5] Archives de Nîmes EE5.
[6] RH LABANDE, Avignon au XVème siècle.
[7] LACROIX : Inventaire sommaire des archives de Tain [EE.1.]
[8] Archives de l’Isère E 12200 (CC 12 et 13).
[9] Joseph BILLIOUD, le sel du tirage de l'empire in Bulletin Philologique et historique année 1959. AD BDR B 1219 bail du 16/3/1448.
[10] Joseph Billioud, Ibid.. Bail du 15/3/1457.
[11] Michel Mollat, spéculations de Jacques Coeur in Bulletin Philologique et historique année 1959.
[12] Michel Mollat ibid.
Elle épouse en 1482 (Romans) François de LA COLOMBIERE, trésorier général du Dauphiné, seigneur de Peyrins, issu d’une riche famille lyonnaise (sa mère était une CAILLE, une des plus riches familles de bourgeoisie de Lyon).
Pourquoi Madeleine Mistral, épouse d’Aymar de La Colombière, est-elle parente de Bernardin Mistral ?
1° l’onomastique :
- elle porte le même prénom que la fille de Bernardin née vers 1490 ; elle en a peut-être été la marraine ;
- ses enfants portent les prénoms de Jean (comme Jean II Mistral à Tournon, comme un fils de Bernardin), François (comme le fils et le frère de Bernardin), Catherine (comme la fille de Bernardin), Françoise (comme une fille de Bernardin), Charles, Antoine (comme Antoine Mistral à Saint Alban)
2° le milieu social :
- Aymar de La Colombière est trésorier du Dauphiné, alors que Bernardin est receveur du Vivarais
3° les alliances ultérieures :
- François, le fils de Bernardin, épousera Clémence Rabot tandis que l’arrière petite-fille de Madeleine épousera Ennemond Rabot (le frère de Clémence)
4° le milieu géographique :
- la famille de La Colombière a des attaches à Valence ; les deux frères de Bernardin, François et Nicolas sont citoyens de Valence.
Je pense que sa parenté avec Bernardin est proche. Elle pourrait être sa tante, la sœur de Jean II Mistral.