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Mistral à Tournon (suite 2)

III.1.François I MISTRAL (° ca 1470, + après 1515)

 

Pièces justificatives

Il est mentionné dans le catalogue des nobles de la sénéchaussée de Beaucaire en état de porter les armes pour le service du roy en 1492.

Il épousa Gauberte de Fundis (d’azur à la fontaine d’argent coulant dans un bassin de même) [1].

Marchand de Valence il achète en 1498/1501, 20 sétérées de blé de pension pour 240 florins à nobles Arthaud et Claude Faure, de Barbières [2].

Il est conseiller de la ville de Tain en 1506. [3]

François MISTRAL en 1515 prépare, en tant que consul, l'accueil du roi à Valence avec Jean JOUBERT, François de BEAUCHASTEL et Achille de COMBES.

Le 13/10/1515 François MISTRAL est envoyé au-delà des monts pour chercher des docteurs pour l’Université de Valence.[4]

Il est consul de Romans avec Felix PECCAT en 1525. [5]

François et Jean MISTRAL sont cités dans les Annales du Midi, 1889 p.36

François MISTRAL, marchand de Tournon, désireux de venir en aide à son frère Nicolas qui poursuivait des études de droit à l'Université de Toulouse ...[6]

L’ épouse de François MISTRAL, bourgeois de Valence, avait fait vœu de donner un présent considérable à St Nizier de Lyon si elle obtenait la guérison de son fils gravement malade ; le miracle eut lieu en 1526. [7]

Discussion
Il doit être un fils de Jean (II) comme ses frères Bernardin et Nicolas. Il est le premier connu à porter le prénom de François dans cette branche, prénom qui reviendra systématiquement tant dans sa descendance que dans celle de son frère Bernardin.  C’est probablement un prénom de la famille : il est en tout cas porté par son cousin germain François de la Colombière, fils de Madeleine Mistral.
Encore marchand à Tournon, on constate qu’il est actif du côté de Tarascon-Beaucaire, où il s’agrège à la noblesse ; son neveu épousera la veuve de Jean de Sade, seigneur de Romanin et Goy (deux terres à Saint Rémy de Provence) ; sa nièce Catherine épousera un autre Sade de Saint-Rémy. Cette implantation dans la région de Beaucaire-Tarascon date peut-être de son père, car on constate que son frère Bernardin, quoique actif dans la région du Vivarais et de Valence, est également possessionné dans la sénéchaussée de Beaucaire et épouse une native d’Avignon.

Son épouse est dénommée Gauberte de Fundis qu’il faut traduire en Gauberte de La Fontaine.  Il existe plusieurs familles de La Fontaine ou Fontaine. Néanmoins il est tentant de rattacher Gauberte à la famille des La Fontaine de Ruffieu, établie en Bresse et sur la rive gauche du Rhône, dans la région de la Tour du Pin.  Il se serait alors allié à une famille parente des Virieu, (une Françoise de Mestral, probablement sa parente, épousera un Virieu vers 1550).

Il est probablement la tige des Mistral de Montmirail.



[1] Robert de BRIANCON, Histoire de la noblesse du Comtat Venaissin et de la principauté d’Orange.

[2] Archives de la Drôme E 2555.

[3] Histoire de la ville de Tain en Dauphiné depuis la domination romaine jusqu'a nos jours Auteur : Charles-Félix Bellet Edité en 1905

[4]  Inventaire des archives de Valence par LACROIX, BB4

[5] Mystères des trois DOMS, édition d'Ulysse CHEVALIER

[6] Bulletin archéologique et statistique de la Drôme 1975 p.143

[7]  Revue d’histoire littéraire de la France volume 51, 1978

 

 

III.2. Nicolas MISTRAL (° ca 1480, + après 1548)

 

 

 

Fils de quelque riche marchand de Valence, frère de François, autre marchand dont il est question dès 1492 et qui siégeait au conseil de la ville en 1511. Il est chanoine de la cathédrale de Valence, membre du conseil de l’Université de Valence en 1507, membre du conseil de la ville en 1508, sacristain du chapître en 1540, prieur de la collégiale de Saint Pierre de Bourg les Valence vers 1540. Il construisit vers 1548 une chapelle funéraire pour sa famille appelée le pendentif à Valence. [1] [2]

Le 12/2/1512 : Les commissaires de l'Université (de Valence) étaient Claude DODIEU recteur, Nicolas MISTRAL, chanoine de Saint Apollinaire de Valence, Saint Barnard de Romans et Saint Julien de Tournon. [3]

En 1528 il achète de Jean de GENAS, bourgeois de Valence, au prix de 240 florins, une maison rue des Vernoux ou de Villeneuve.[4]

Mémoire de Nardoin de la ville de Tain en 1532 comprenant 1 florin pour voyage à Valence auprès du chanoine MISTRAL afin de l’engager à concourir à la réparation du chemin qui longe son jardin. [5]

Au cadastre de 1547, Nicolas MISTRAL, chanoine, prieur du Bourg, est mentionné comme propriétaire de plusieurs fonds : jardins, maisons etc…

En 1548 il reconnaît un pré aux Voutes sur Valence en faveur de DUPONT, recteur de la chapelle Saint-Apollinaire.[6]

Il este en 1559. [7]



[1]  BRUN-DURAND : Dictionnaire biographique de la Drôme, Grenoble, 1900.

[2]  Le pendentif (à cause de la voûte en pendentifs avec lunettes dont ce monument offre le seul exemple connu) est un mausolée qu’en 1548, un chanoine, Nicolas Mistral, fit élever pour lui et pour les siens, dans un cimetière qui à cette époque occupait tout le chevet de la cathédrale. Malheureusement ce petit monument, très à part, d’une élégance incontestable et de proportions extrèmement harmonieuses, a subi depuis son érection, grâce à l’abandon des principaux intéressés, de telles vicissitudes que nous n’en avons guère aujourd’hui, sous nos yeux, que le squelette. Le chanoine qui le fit édifier était incontestablement un catholique libéral, dont les convictions n’avaient pas été modelées sur   les canons du Concile de Trente et qui à Valence, sans doute, s’inspiraient de l’esprit de leur chef hiérarchique, l’évêque Jean de Monluc. Ce qui le prouve c’est l’inscription en spirale que fit graver le susdit chanoine :

 « JEV. CHRISTO. DOMINO. NOSTRO. ET AVITERNO. DICATV. A. NOBILI. D. N. MISTRAL. CA. SACR. I. ECLE. VALE. PRI. DOMINO. BURGI. SIBI. SVOEISQU. HEREDIBUVS. RELINQVIT. AN. 1548. IVL. MENSE. Ce qui doit se lire ainsi «  Jesu Christo Domino nostro et aviterno dicatum a nobili Domino Nicolas Mistral, canonico sacrista in ecclesia Valentinensi, priore et domino Burgi, sibi suisque heredibus relinquit anno 1548, julio mense » soit «  Dédié à Jésus-Christ, Notre Seigneur et celui de nos pères, par noble seigneur Nicolas de Mistral, chanoine sacristain dans l’église de Valence, prieur et seigneur du Bourg-les-Valence, qui l’a laissé pour lui et pour ses héritiers, au mois de luillet 1548.

[3] Histoire de l'Université de Valence

[4]  AD Drôme E 2567

[5]  LACROIX : Inventaire sommaire des archives de Tain.[CC.66.]

[6]  Marius VILLARD, Bulletin de la société départementale d’archéologie et de statistique de la Drôme, 1907

[7]  BRUN-DURAND, Dictionnaire biographique de la Drôme.

 

 

III.3. Bernardin MISTRAL (° ca 1470, + 1517)

 

Il épouse 1° Françoise GILAT de la ville de Valence. 2° Madeleine fille de François MAYAUD (d’azur à trois oyes membrées et becquées de gueules à un chef d’or chargé de trois roses de gueules), seigneur d’Eguilles au comté Venaissin et de Jeanne COSTAING, de la ville de Valence, résidant à Avignon. [1]

Le 8/2/1508 Bernardin MISTRAL, de Tournon, est nommé par Claude de Tournon, receveur du Vivarais en lieu et place de Joachim des Astars décédé et dans l’attente de la majorité de son fils Christophe. Le 26/11/1513 Just de Tournon préside une assemblée des états du Vivarais, où son frère Claude est également présent, et qu’il a convoquée pour répartir les sommes octroyées au roi par l’assemblée de Nîmes ; or par suite des difficultés que présente la levée des impôts et vu les avances que le receveur est en conséquence obligé de faire, il se trouve que personne ne veut accepter et qu’il faut envoyer à MISTRAL une délégation pour le prier d’accepter le poste nomine proprio et de ne pas abandonner le pays dans ces conjonctures à quoi MISTRAL finit par consentir. [2]

 

Bernardin MISTRAL est tout d'abord un financier : il réussit à s'emparer du poste de receveur du Vivarais au détriment de la familles des Astars, avec l'appui des sires de Tournon. Il réside principalement à Viviers. Ses alliances révèlent ses centres d'intérêt : les Gilat sont une famille de marchands de Valence ainsi que les Mayaud. Ces derniers présentant la particularité d'être présents tant à Valence, qu'en Avignon et à Tarascon où ils possèdent un mas.

Je n’ai pas trouvé de famille GILAT à Valence. Il s’agit peut-être d’une famille GILLIERS, marchands de Romans qui descendait d’un trésorier des Dauphins du Viennois, et était alliée aux Baronnat, marchands de Lyon associés de Jacques Cœur..

Son alliance avec Madeleine MAYAUD le fait entrer dans les familles notables d’Avignon :

-       François MAYAUD, son beau-père est marchand à Avignon, il possède la seigneurie d’Eguilles en Comtat Venaissin, il possède également un mas près de Tarascon ;

-       Balthazar de SEYTRES , son beau-frère, époux de Catherine MAYAUD, est un marchand italien établi en Avignon, il possède la seigneurie de Caumont en Comtat-Venaissin ;

-       Thomas GALLEANS, son beau-frère, époux de Anne Amielle MAYAUD, est également un marchand d’origine italienne, oncle de son beau-frère Balthazard de SEYTRES, il possède la seigneurie des Issarts ; son descendant François de GALEANS des ISSARTS épousera la descendante de Bernardin MISTRAL, Lucrèce de MISTRAL de MONDRAGON ; sa descendante Marie de GALEANS des ISSARTS épousera Jean-Baptiste de DONIS marquis de Beauchamp, neveu de l’épouse de Dominique de MISTRAL de MONDRAGON et arrière petit-fils de Louise d’ALBERT de SAINT-ANDRE épouse de François II MISTRAL ; sa descendante, Lucrèce de GALEANS des ISSARTS épousera Giles de FORTIA, cousin de N… de FORTIA, épouse de Pol II de MISTRAL e MONDRAGON ; son descendatn Melchior de GALEANS des ISSARTS épousera Madeleine de BERTON de CRILLON, descendante des SEYSTRES et de Catherine de JOYEUSE, belle-mère de Pol I de MISTRAL de MONDRAGON ;

-       François II de GENAS, son beau-frère, époux de Françoise MAYAUD, est également cousin issu de Germain de Thomas GALLEANS et de Balthazard de SEYTRES. ; il est à noter que son grand-père François I de Genas était premier président du parlement de Grenoble ; c’est prbablement Bernardin MISTRAL qui acheta aux GENAS un hôtel à Valence situé rue Vernex ou Villeneuve . [3]

 

De toute évidence Bernardin Mistral, continue sa fortune dans le sillage de son père. Il fait partie du clan mis en place au temps de Louis XI dans toute la région rhodanienne : les Genas, les Rabot, les Chapuis. C'est lui qui probablement acquit ou hérita de biens tout autour de Tournon et de Valence : les seigneuries de Crozes, Larnage, et des biens à Tain et Erôme (en Dauphiné à proximité de Tournon), la seigneurie de Don ou Dou (il existe un mandement du Don à l'époque près du Mont Gerbier de Jonc en Ardèche, et une rivière du Dou qui passe à Tournon), et des biens à Chateauneuf de Vernoux(ancienne coseigneurie des Tournon et des Barjac de Pierregourde), Vernoux (terre vendue à Guillaume de Tournon en 1325),  Saint-Appolinaire de Rias, Boffre, Colombier le jeune (terre vendue à Guillaume de Tournon en 1325), Saint-Marcel (fief des Pierre de Bernis), Charmes (fief des Crussol) et Saint-Georges (en Vivarais non loin de Valence, fief des Crussol). Il est la tige des Mistral de Crozes et Mondragon.



[1]  Robert de BRIANCON : Histoire de la noblesse du comté Venaissin et de la principauté d’Orange.

[2]  Jean REGNE : Histoire du Vivarais.

[3] Revue Dromoise vol 87-89, année 1990)

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